La politique agricole
Le soutien au développement rural
C'est désormais le deuxième pilier de la PAC. L'Allemagne recevra près de 8,1 milliards d'euros de fonds européens pour promouvoir le développement rural sur la période 2007-2013. Au niveau national, une enveloppe de plus de cinq milliards d'euros devraient s'y ajouter.
La politique européenne en faveur des espaces ruraux poursuit trois objectifs majeurs :
-
Agrandir l'image
L'Allemagne compte parmi les plus gros producteurs agricoles de l'Union européenne.
(© dpa/pa)
L'accroissement de compétitivité de l'agriculture et de la sylviculture grâce à la promotion de la restructuration, du développement et de l'innovation - L'amélioration de l'environnement et des paysages
- L'amélioration de la qualité de vie dans les espaces ruraux, et la promotion de la diversification de l'économie rurale
Le gouvernement allemand a présenté à Bruxelles en 2006 un plan stratégique national pour mettre en oeuvre la directive européenne.
L'un des principaux instruments du soutien structurel à l'agriculture en Allemagne est la tâche d'intérêt commun "Amélioration des structures agricoles et de la protection des côtes" (GAK). Elle dispose de près d'un milliard d'euros (chiffre de 2007), alloués par l'Etat fédéral et les Länder pour améliorer les structures rurales, ainsi que les structures de production et de commercialisation.
L'énergie et les biocarburants
Agrandir l'image
La biomasse constitue la première source d'énergie renouvelable en Allemagne.
(© dpa/pa)
Les espaces agricoles sont aussi appelés à jouer à l'avenir un rôle croissant dans la production d'énergie par le biais des matières premières durables (biomasse). En Allemagne, la biomasse constitue la source d'énergie renouvelable la plus importante. Les matières premières renouvelables fournissent env. 10% des matières premières utilisées par l'industrie chimique. Au cours des dernières années, le colza est devenu la plante la plus cultivée.
A la pointe de la recherche internationale sur la biomasse et les biocarburants, l'Allemagne s'apprête à accélérer ses efforts en la matière avec le Centre de recherche allemand sur la biomasse (DBFZ). Il a été crée à Leipzig en 2008. Les biocarburants (huile végétale, bioéthanol et biodiesel) couvrent déjà près de 3,5% des besoins allemands en carburant.
Les OGM
Agrandir l'image
La protection de l'environnement est au cœur de l’action publique.
(© colourbox)
L'utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) est strictement réglementée en Allemagne par le droit européen et par le droit national. La protection de l'homme et de l'environnement est la priorité des pouvoirs publics. Mais la recherche et l'application des technologies génétiques doit parallèlement continuer à se développer.
Le parlement allemand a adopté en 2008 une nouvelle loi sur les OGM. Elle régit la coexistence entre les cultures OGM et les autres cultures en instaurant plus de transparence et en imposant des intervalles stricts (150 m au minimum entre un champ de maïs transgénique et des cultures traditionnelles, 300 m au minimum s'il s'agit de cultures bio).
La nouvelle loi :
- Optimise les conditions de la recherche
- Définit des conditions précises pour les cultures à but commercial
- Garantit l'information et la transparence
- Précise la législation en matière de responsabilité
Les biotechnologies sont un secteur d'avenir pour la recherche et les entreprises. Elles cristallisent de nombreuses attentes, par exemple pour réduire l'usage de produits chimiques de lutte contre les parasites et de protection des cultures. On attend aussi des progrès dans le domaine des médicaments et de la production industrielle.
La filière bio
Agrandir l'image
Les produits issus de l'agriculture biologique représentent un marché à fort potentiel de croissance en Allemagne.
(© dpa/pa)
Les produits issus de l'agriculture biologique représentent un marché à fort potentiel de croissance en Allemagne. Le secteur a vu son chiffre d'affaires passer de 1,48 à près de quatre milliards d'euros entre 1997 et 2005. Une étape importante a été franchie en 2001 avec la création d'un "label bio". Aujourd'hui utilisé sur plus de 35.000 produits, il renforce la transparence et aide le consommateur à s'orienter en toute confiance.
La "filière bio" est strictement encadrée en Allemagne par des normes régionales, nationales et européennes. Fin 2007 elle représentait 5,1% des surfaces cultivées, soit plus de 865.336 hectares. La filière bio comptait 18.703 exploitations agricoles à la fin de l'année 2007 (5,0% du total). Organisées en associations, elles s'imposent parfois des normes communes plus sévères que la réglementation européenne.
Pour compenser des coûts de production supérieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle, l'agriculture biologique bénéficie d'aides publiques depuis 1989 en Allemagne. Celles-ci représentaient quelque 128,9 millions d'euros en 2006. Les Länder, l'Etat fédéral et l'Union européenne (UE) se partagent le financement de ces programmes de soutien. L'UE prend, par exemple, à sa charge 55% de l'aide dans les Länder de l'ouest et 80% dans les régions de l'est.