Le climat et la politique environnementale, une mission mondiale et nationale

© colourbox (© © colourbox) Au niveau international, le processus politique visant à régler les dommages liés au changement climatique causés par l'homme a été déclenché à la fin des années quatre-vingt. Il a débouché sur la conclusion de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui est entrée en vigueur en 1994. Depuis lors, des sessions de la Conférence des Parties ont lieu régulièrement. Lors de la 3e session de la Conférence des Parties qui s'est déroulée à Kyoto en 1997, les États participants ont adopté le "Protocole de Kyoto" dans lequel les pays industrialisés se sont engagés à réduire d'ici 2012 leurs émissions de gaz à effet de serre. À Kyoto, ni les pays en développement, ni les pays émergents à l'économie florissante n'ont été contraints de prendre des engagements. La 13e session de la Conférence des Parties qui s'est tenue à Bali en décembre 2007 et à laquelle ont assisté notamment le ministre fédéral de l'Environnement, M. Sigmar Gabriel, et la ministre fédérale de la Coopération économique et du Développement, Mme Heidemarie Wieczorek-Zeul, devait fixer les orientations pour l'après-2012. Un régime de suivi devra fixer des engagements de réduction plus importants à respecter non seulement par tous les pays industrialisés mais aussi par les pays émergents à forte croissance et dont les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d'augmenter. L'objectif consiste à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés maximum afin de sauvegarder notre environnement pour les générations futures.

 

Toyako, le 8 juillet 2008: des arbres pour la protection du climat Agrandir l'image Toyako, le 8 juillet 2008: des arbres pour la protection du climat (© © REGIERUNGonline/Steins) Cette année, la protection du climat est également l'une des priorités à l'ordre du jour du sommet du G8. Le gouvernement fédéral estime que les États du G8, qui sont les pays industrialisés dotés des économies les plus fortes de la planète, doivent jouer un rôle de premier plan dans le domaine de la protection de l'environnement. Cela vaut pour la protection du climat et de la biodiversité ainsi que pour la promotion d'une gestion des déchets respectueuse de l'environnement. Il faut d'abord que les grands pays industrialisés montrent l'exemple et fassent preuve d'ambition pour convaincre les grands pays en développement de prendre des mesures efficaces.

 

L'Allemagne s'investit également au sein de l'Union européenne pour faire de l'Europe le site du monde offrant la meilleure efficacité de l'énergie et des ressources. C'est ainsi que le Conseil européen, sous la présidence de la Chancelière fédérale, Mme Angela Merkel, a pris en mars 2007 une décision historique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Toute une série de mesures a été adoptée pour donner l'exemple avant le début des négociations de Bali sur le climat. Jusqu'à présent, l'Union européenne est la seule région du globe à s'être fixé pour objectif de réduire d'au moins 20 % d'ici 2020 ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990 et même de 30 % si la communauté internationale se montre solidaire.

 

L'Allemagne compte en outre parmi les cofondateurs du Partenariat pour une stratégie internationale sur le carbone (ICAP) qui a pour but de mettre en réseau les systèmes régionaux d'échange de droits d'émission à l'échelle mondiale afin de créer à long terme un marché mondial du carbone.

 

La ville de Bonn est devenue le siège de plusieurs institutions onusiennes spécialisées dans le domaine de l'environnement. Elle abrite les secrétariats de la Convention-cadre sur les changements climatiques, de la Convention sur la lutte contre la désertification, du Bureau des Nations Unies pour la Décennie de l'eau et de plusieurs autres institutions actives dans ce domaine.

 

Du 19 au 30 mai dernier, Bonn a été également l'hôte de la 9e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique qui a réuni quelque 6 000 délégués venus de 191 pays pour discuter de la protection de la flore, de la faune et des habitats. Cette conférence a débouché sur toute une série de décisions portant notamment sur la lutte contre la biopiraterie, la protection des océans, le financement de mesures axées sur la protection de la nature et les biocarburants. L'initiative LifeWeb lancée par l'Allemagne a rencontré un accueil particulièrement favorable. Elle a pour but de mettre en contact les pays souhaitant établir des zones protégées avec ceux qui sont susceptibles d'en assumer le financement. L'Allemagne, pour sa part, a décidé d'augmenter les fonds qu'elle attribue actuellement à la protection de la nature à l'échelle internationale, et qui s'élèvent à 210 millions d'euros en 2008, d'un total de 500 millions d'euros entre 2009 et 2012; par la suite, ces fonds seront augmentés ensuite de 290 millions pour passer à long terme à 500 millions d'euros par an. Outre l'Allemagne, trois pays, la Norvège, l'Espagne et la Finlande, ont déclaré leur intention de fournir des fonds pour la protection de certaines zones. Grâce à ces engagements financiers, plus de 30 pays et régions ont proposé de classer des zones supplémentaires représentant quelque 65 millions d'hectares. La prochaine conférence des Nations Unies sur la protection de la nature aura lieu à Aichi-Nagoya (Japon) en 2010.

 

Logo Expo (© © Expo Zaragoza 2008) L'Allemagne aura également un pavillon à l'Exposition internationale de Saragosse consacrée à l'eau et au développement durable qui se tiendra du 14 juin au 14 septembre prochain. Elle y présentera notamment des techniques innovantes en matière d'environnement et de protection de l'eau.

 

L'Allemagne s'investit en outre dans la lutte contre la destruction illicite de la forêt tropicale. Des mesures sont proposées actuellement visant à réduire les émissions de carbone dues au déboisement et à la dégradation des forêts dans les pays en développement et à lutter contre l'abattage illicite. Le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier de la Banque mondiale lancé à Heiligendamm contribuera notamment à atteindre le premier objectif et le second sera facilité par la mise en place d'un réseau international de surveillance des forêts grâce, notamment, au système GEOSS (système des systèmes d'observation de la Terre) et aux mesures d'évaluation des ressources forestières de la FAO. Au titre de sa coopération bilatérale au développement, le gouvernement fédéral appuie également des mesures de gestion durable des forêts. Pendant la présidence allemande du G8, l'Allemagne a fait avancer la question de la traçabilité de l'origine des bois grâce à son expertise dans ce domaine et en instaurant un réseau de consultation internationale; elle continuera de s'employer dans le cadre du G8 à la mise en œuvre de ces propositions.

 

Projet pilote dans le domaine de l'environnement, une filière de mastère germano-mexicaine intitulée "Environnement et gestion des ressources" sera créée en 2008 avec le soutien du DAAD, l'Office allemand d'échanges universitaires. Ce cycle de quatre semestres proposé par l'Université des sciences appliquées de Cologne et l'université de San Luis Potosi dispensera aux jeunes des pays d'Amérique latine les savoirs les plus récents en matière de protection de l'environnement, de gestion des ressources et de systèmes énergétiques durables.

 

Protéger le climat commence par soi-même

 

© colourbox Agrandir l'image (© © colourbox) Il incombe à chaque État de prendre des mesures à la fois responsables, efficaces et durables pour protéger le climat telles que la réduction des gaz à effet de serre. En décembre 2007, le gouvernement fédéral a adopté un train de mesures des plus complets, sans précédent dans le monde, en matière de politique énergétique et climatique et a fixé en même temps les objectifs d'un programme intégré dans ce domaine. Ce programme prévoit d'ici 2020 une réduction pouvant aller jusqu'à 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de base de 1990. Se basant sur ces objectifs de protection du climat, les entreprises allemandes peuvent investir à long terme et jouissent ainsi d'une meilleure sécurité de planification.

 

Un nouveau secrétariat a été créé au ministère fédéral de l'Économie et de la Technologie, chargé d'une Initiative d'exportation axée sur l'efficacité énergétique en vue d'appuyer certaines entreprises allemandes proposant des produits ou des services à une haute efficacité énergétique.

 

Selon les indications du ministère fédéral de l'Environnement, les technologies environnementales jouent un rôle important en termes d'emplois: 170 000 personnes ont retrouvé un emploi dans le seul secteur des énergies renouvelables, qui a fait un chiffre d'affaires de 16,4 milliards d'euros en 2005, et le secteur de la gestion des déchets, qui fait un chiffre d'affaires de 50 milliards d'euros, emploie 250 000 personnes.

 

La technique allemande de l'environnement

 

La lettre "Informations sur la technique allemande de l'environnement" publiée par l'Agence fédérale de l'Environnement propose des informations sur les stratégies et les solutions innovantes en matière de protection technique de l'environnement, les projets intéressants dans ce domaine et les différents interlocuteurs. On peut s'y abonner sur le site Internet "Cleaner Production Germany".

ECOCITY - jeu interactif sur l'environnement

© Deutsche Welle