La coopération franco-allemande
De tous les pays de l’Union européenne, la France est le premier partenaire de l’Allemagne. Dans de nombreux domaines de la recherche et à différents niveaux, que ce soit entre les ministères, entre les organismes scientifiques et de recherche ou dans la mise en œuvre de projets concrets, les deux pays cultivent d’étroits liens de coopération dans le but d’encourager les avancées au niveau européen.
Les conseils des ministres franco-allemands, qui se tiennent deux fois par an depuis le 40e anniversaire du traité de l’Élysée en 2003, constituent un élément essentiel de la coopération entre la France et l’Allemagne. Lors de ces conseils, les gouvernements des deux pays se concertent étroitement sur tous les grands thèmes de leur coopération, notamment la recherche et l’enseignement supérieur.
Les forums de la coopération franco-allemande en recherche, qui ont lieu à intervalles réguliers depuis 2002, jouent un rôle de premier plan. Ils permettent en effet aux décideurs de se concerter sur les stratégies françaises et allemandes en matière de recherche, notamment en vue d’élaborer des positions et actions communes, ainsi que sur les mesures de promotion de l’innovation et des transferts de technologie. Ces forums ont également pour objectif d’intensifier la coopération entre les organismes de recherche et de financement de la recherche des deux pays.
Lors du 3e forum, qui s’est déroulé à Paris en 2008, les acteurs de la politique de recherche ont dégagé des thèmes présentant un enjeu stratégique sur lesquels ils entendent coopérer : les stratégies pour la recherche à l’échelle européenne, les infrastructures de recherche, les stratégies en matière de changement climatique ainsi que la coopération entre la recherche et l’industrie.
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De tous les pays de l’Union européenne, la France est le premier partenaire de l’Allemagne
(© European Community, 2010)
Il a également été question d’une coopération renforcée entre les organismes de recherche et de financement de la recherche français et allemands sur le modèle des partenariats entre la Société Max Planck et le CNRS, l’Association Helmholtz et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le Centre allemand de recherche sur le cancer et l’Inserm, l’Institut Alfred Wegener de recherche polaire et océanographique et l’Ifremer, la Société Leibniz et l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), la Société Fraunhofer et l’Association des instituts Carnot ainsi qu’entre le Fonds allemand scientifique et l’Agence nationale de la recherche.
Enfin, le 3e Forum a donné lieu à la signature d’accords relatifs à des partenariats stratégiques entre le Centre de recherche de Jülich et le CEA, entre la Société Leibniz et l’INRA ainsi qu’entre la Société Fraunhofer et l’Association des instituts Carnot. Ces partenariats sont centrés sur le calcul à haute performance, les nouvelles technologies dans le secteur énergétique et les nanosciences, le séquençage du génome du blé et de l’orge, l’alimentation ainsi que la recherche et le développement en collaboration avec l’industrie.
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Les forums de la coopération franco-allemande en recherche jouent un rôle de premier plan.
(© dpa/pa)
L’étroite imbrication institutionnelle des instituts de recherche français et allemands est remarquablement illustrée par l’exemple du groupe de recherche en virothérapie financé par l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (INSERM) en tant qu’unité mixte internationale et hébergé au Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) à Heidelberg. Ce dernier travaille également en étroite coopération avec le cancéropôle du Grand Est. Dans le domaine de la recherche polaire, la mise en commun des stations de l’Institut Alfred Wegener et de l’Institut polaire français Paul Émile Victor au Spitzberg est un exemple probant des relations étroites entre les deux pays en matière de recherche. Une multitude de médiateurs travaillent également en étroite collaboration : l’Université franco-allemande promeut notamment la création de cursus universitaires communs. En coopération avec le Fonds allemand scientifique, l’Université franco-allemande soutient également l’ouverture d’écoles doctorales communes. Par ailleurs, le prix Gay-Lussac – Humboldt, décerné conjointement par le ministère français de la Recherche et la Fondation Alexander von Humboldt, distingue chaque année depuis 1981 des scientifiques pour leur contribution à la coopération franco-allemande dans le domaine de la recherche et de l’enseignement.
Le centre franco-allemand Marc Bloch de recherche en sciences sociales, dont le siège est à Berlin, se consacre à une recherche interdisciplinaire et à la promotion de la relève dans les sciences humaines et sociales.
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En 2008/2009, le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche et l’Agence nationale de la recherche ont publié des appels à projets communs dans le domaine de la recherche en matière de sécurité civile.
(© dpa/pa)
De même, les rapports de coopération sont multiples au niveau des programmes dédiés à la recherche et développement. Ainsi, la recherche sur le génome fait l’objet d’une étroite collaboration entre la France et l’Allemagne par le biais de leurs programmes nationaux Génoplante et GABI. Depuis 2008, les appels à projets ciblent des programmes de recherche appliquée faisant intervenir le secteur industriel. En 2008/2009, le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche et l’Agence nationale de la recherche ont publié des appels à projets communs dans les domaines de la génomique et de la physiopathologie des maladies cardio-vasculaires et métaboliques ainsi que dans celui de la recherche en matière de sécurité civile.
Le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche est assisté, dans sa gestion de la coopération bilatérale avec la France, par son Bureau international à l’Agence spatiale allemande ainsi que par l’Association franco-allemande pour la science et la technologie.
Le Bureau international (en allemand)
Association franco-allemande pour la science et la technologie (en français)
Situation au 19 février 2010