Le système d’enseignement supérieur
En Allemagne, le système d’enseignement supérieur repose sur le principe d’unité de la recherche et de l’enseignement inspiré par Wilhelm Humboldt (1767-1835). Les universités sont donc à la fois des lieux de formation et des centres de recherche indépendants. Le système allemand comprend plusieurs types d’établissements : les universités, les écoles de sciences appliquées (Fachhochschulen), qui offrent des formations plutôt orientées vers la pratique professionnelle, et des institut universitaires technologiques qui collaborent étroitement avec les entreprises. L’enseignement supérieur allemand ne connaît pas la dualité française entre universités et grandes écoles. En effet, ce sont les universités qui dominent le paysage scientifique allemand. Ces institutions sont ouvertes à tous ceux qui, titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme équivalent, sont admis dans l’enseignement supérieur.
Selon une étude réalisée par le service Statistika en 2007-2008, l’Allemagne compte deux millions d’étudiants et il existe au total une centaine d’établissements d’enseignement supérieur. Quelque 1,3 million d’étudiants fréquentaient une université en 2007-2008, tandis que 0,6 million étaient inscrits dans une Fachhochschule. La spécificité de ces établissements est fréquemment imitée dans d’autres pays. Par ailleurs, les universités allemandes attirent de nombreux étudiants étrangers. En 2007, leur nombre s’élevait à 250 000 à l’université (12,5% des étudiants) et à 47 000 dans les Fachhochschulen (12% des étudiants).
Depuis dix ans, l’université allemande est entrée dans une profonde mutation. Elle s’est modernisée sous l’impulsion du processus de Bologne, lancé en 1999 par les ministres européens de l’Éducation. Il s’agit de créer un véritable espace européen de l’enseignement supérieur, notamment grâce à l’échange de bonnes pratiques entre les États, à une meilleure reconnaissance des diplômes étrangers, à l’harmonisation des cursus et à des aides à la mobilité des étudiants. C’est dans ce cadre qu’a été mise en place une réforme de type LMD (Licence – Master – Doctorat). Afin de faciliter la comparaison des diplômes et la mobilité des étudiants en Europe, elle crée des cursus échelonnés aux niveaux Bac + 3 (Bachelor/Licence), Bac+5 (Master) et Bac+8 (Doctorat/PhD). En 2009, les établissements allemands d’enseignement supérieur proposaient plus de 5500 cursus de Bachelor et plus de 4564 cursus de Master, ce qui représentait 78% des filières d’études.
Une autre grande mutation de l’université allemande a consisté à mettre davantage l’accent sur la compétition et la performance. Le changement est passé par l’instauration de droits d’inscription et de tests de sélection et par le renforcement de partenariats stratégiques entre les universités et les instituts de recherche extra-universitaires.