Un échange social
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Markus Woelke (service culturel de l'ambassade) remet à Anne Iksi-Smouts le Prix de l’ambassade d’Allemagne pour la langue allemande.
(© CIDAL)
Anne Iksi-Smouts, lycée professionnel La Viste, Marseille (Académie d’Aix-Marseille)
Comment peut-on inciter les élèves d’un lycée professionnel à apprendre l’allemand même si cette langue ne figure pas sur leur emploi du temps officiel ?
En 2007, Mme Iksi-Smouts, professeur de lettres et d’allemand, a décidé de se lancer dans un projet tout à fait exceptionnel avec le soutien de deux professeurs de sciences médico-sociales.
Avec 23 jeunes filles de première année de B.E.P. carrières sanitaires et sociales, ils ont préparé un projet de partenariat avec une section « sport et santé » du lycée professionnel Vera Becker de Krefeld.
L’allemand n’étant pas enseigné au lycée et aucune des élèves ne l’ayant appris auparavant, les organisateurs du projet ont proposé des cours d’allemand optionnels à raison de 2 heures par semaine. D’origine maghrébine pour la plupart, les élèves n’avaient jamais visité un pays du nord. Ainsi, la première année a été consacrée à la découverte de la culture allemande et à une initiation à la langue de communication. Au cours de la deuxième année avant l’échange, les élèves ont même accepté d’assister à 4 heures de cours d’allemand hebdomadaires consacrées à l’approfondissement de la langue de communication et à l’introduction de la langue professionnelle du secteur médico-social.
Toutes les élèves ont participé à l’échange qui a eu lieu en mai 2009. Pendant leur séjour, elles ont visité trois crèches, deux maisons de retraite, un centre d’insertion pour handicapés, l’hôpital de Krefeld ainsi que son centre de gérontologie et une école d’aides-soignants. Dans quelques établissements, les élèves ont même présenté une animation d’une heure en allemand. Au cours de ces visites, elles ont eu des échanges et des contacts chaleureux avec les enfants et les personnes âgées. Elles ont en outre assisté à des cours au lycée professionnel allemand et créé des liens amicaux avec leurs partenaires allemands.
Les jeunes filles ont non seulement appris une langue étrangère et ainsi amélioré leurs chances d’insertion sur le marché de travail, mais elles ont également vécu une expérience inoubliable et acquis des compétences sociales. Depuis, l’allemand est la seule LV2 enseignée au lycée et son apprentissage est devenu obligatoire pour toutes les sections de baccalauréat professionnel tertiaire.