Paris et Berlin unis pour sortir l’euro de la crise

10.01.2012 - La crise de l’euro était lundi au menu de la première rencontre de l’année 2012 entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. La chancelière allemande a reçu le président français à Berlin pour un déjeuner consacré à la préparation du Conseil européen du 30 janvier. Lors d’une conférence de presse, ils ont réaffirmé leur volonté de sortir l’euro de la crise, tout en annonçant des propositions en faveur de la croissance, de l’emploi et du renforcement de la compétitivité en Europe. Ils approuvent également le principe de l’introduction d’une taxe sur les transactions financières en Europe.

Taxe sur les transactions financières

La France et l’Allemagne se battent depuis plusieurs années pour la création d’une telle taxe, a rappelé la chancelière. « Je pense que c’est une bonne initiative que la France dise maintenant : […] il faut passer aux actes. « Ma conviction, c’est que si nous ne montrons pas l’exemple, ça ne se fera pas », a, pour sa part, affirmé le président Sarkozy.

La France propose d’appliquer le projet de directive déjà présenté sur le sujet par la Commission européenne. Au cas où ce dernier ne recueillerait pas l’approbation des 27 États membres de l’Union européenne (UE), la chancelière s’est dite favorable « à titre personnel » à ce que la taxe ne voie le jour que dans la zone euro. Mais ce point de vue ne fait pas encore l’unanimité au sein du gouvernement allemand, a-t-elle ajouté.

Consolidation budgétaire, croissance et emploi

Angela Merkel s’est, d’autre part, félicitée que les négociations sur le futur « pacte fiscal » progressent. Depuis le Conseil européen du 9 décembre, 26 pays européens travaillent à l’élaboration de ce nouveau traité intergouvernemental qui doit renforcer la discipline budgétaire en Europe. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy espèrent qu’il fera l’objet d’un accord à la fin du mois et qu’il sera signé, au plus tard, lors du Conseil européen du 1er mars.

La chancelière allemande et le président français ont, en outre, annoncé des propositions en faveur de la compétitivité, de la croissance et de l’emploi en Europe. La consolidation financière est un pilier important pour l’avenir, a justifié Mme Merkel. Mais un deuxième pilier, celui de la croissance et de l’emploi, est également nécessaire. Paris et Berlin vont proposer à leurs partenaires de réaliser une étude comparative sur les règles en vigueur sur le marché du travail des différents pays européens afin d’identifier et de diffuser les meilleures pratiques.

Sauvetage de l’euro

Par ailleurs, la France et l’Allemagne veulent renforcer l’efficacité des instruments de sauvetage de l’euro. Les deux pays entendent demander à la Banque centrale européenne (BCE) d’apporter son savoir-faire pour améliorer l’efficacité opérationnelle du Fonds européen de solidarité financière (FESF). Ils souhaitent également qu’elle vienne en aide au Portugal, à l’Irlande et à la Grèce.

Quant au futur Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit se substituer au FESF pour offrir un fonds de solidarité pérenne aux pays en difficulté, il doit voir le jour plus tôt que prévu. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy souhaitent sa mise en œuvre dès le 1er juillet 2012 (au lieu de 2013) et ils sont prêts à accélérer sa capitalisation. Le MES doit disposer d’une capacité d’intervention financière de 500 milliards d’euros.

Enfin, à une semaine du retour de la Troïka à Athènes, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont évoqué la situation en Grèce. La chancelière a appelé à accélérer la mise en place des mesures arrêtées en octobre dernier, y compris la restructuration de la dette grecque, pour permettre au pays de sortir de la spirale de l’endettement. « Notre intention est de faire en sorte qu’aucun pays n’ait à sortir de la zone euro », a-t-elle dit.

AL

Paris et Berlin unis pour sortir l’euro de la crise

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lundi 9 janvier, à Berlin (© dpa/pa)