Josef Ackermann exprime sa flamme européenne à Paris
04.11.2011 - Progresser dans l’intégration européenne, convaincre l’opinion de ses bienfaits, réveiller l’enthousiasme des jeunes pour l’Europe : Josef Ackermann, l’une des figures de la finance européenne, a prononcé jeudi 3 novembre, à Paris, un vibrant plaidoyer en faveur de l’Europe. Tandis que la crise grecque rebondissait à Cannes en pleine réunion du G20, le PDG de la Deutsche Bank et président de l’Institut de la finance internationale (IIF) était l’invité d’une conférence-débat à l’Hôtel de Beauharnais, la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne en France.
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(© Ambassade d'Allemagne / F. Brunet)
« Ce n'est qu'avec une Europe unie que nous pourrons continuer à jouer un rôle sur les marchés financiers mondiaux », a dit M. Ackermann. « Ce n'est qu'avec une Europe unie que nous pourrons préserver notre prospérité. Ce n'est qu'avec une Europe unie que nous aurons notre mot à dire dans la définition de l'ordre économique, politique, culturel et social du XXIe siècle, autrement dit de la manière dont nous vivrons et cohabiterons demain dans ce monde globalisé ».
Conférence-débat au cœur de l’actualité à l’Hôtel de Beauharnais
Le thème de la conférence (« L’Europe et ses marchés financiers : statu quo et perspectives ») rejoignait l’actualité la plus brûlante. À l’instar de maints responsables en Allemagne, M. Ackermann a jugé que la crise actuelle de la zone euro devait déboucher sur de nouvelles avancées dans l’intégration européenne. Il y voit également le signe que les banques doivent réfléchir à l’organisation institutionnelle de l’Europe.
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(© Ambassade d'Allemagne / F. Brunet)
Le président de la Deutsche Bank a, d’autre part, souligné que l’Europe n’avançait que lorsque la France et l’Allemagne en assumaient le leadership. Des sommets européens en ont apporté la preuve, a-t-il dit. Cependant, il convient aujourd’hui plus que jamais de convaincre les peuples des bienfaits de la construction européenne, a-t-il ajouté. Il faut développer de bons arguments illustrant notamment sa contribution à la paix et à la stabilité.
M. Ackermann a, enfin, salué les travaux de l’Europe et du G20 sur la régulation des marchés financiers. Il faut toutefois « trouver le juste équilibre entre la sécurité, d’une part, et le dynamisme économique et la compétitivité, de l’autre », a-t-il ajouté.
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(© Ambassade d'Allemagne / F. Brunet)
Un débat nourri, animé par l'économiste et essayiste Nicolas Baverez, a suivi l’exposé. Revenant sur la crise de la dette, M. Ackermann a estimé que la participation du secteur financier au sauvetage de la Grèce constituait un cas particulier.
À ses yeux, les plus forts doivent, certes, aider les plus faibles « à s’aider eux-mêmes ». Mais cette faiblesse temporaire ne doit pas conduire à se reposer sur cette aide. Il convient, au contraire, d’utiliser celle-ci pour se renforcer. M. Ackermann a souligné l’importance des « effets collatéraux inestimables » qu’entraînerait une sortie de la Grèce de la zone euro.